Conférence-débat : "L'Euro, atout ou handicap ?" le 24 novembre 2006
Le vendredi 24 novembre 2006 après-midi, s’est tenue, à l’initiative du CCE une conférence-débat sur ce thème, animée par Sylvain TRANOY, président du Comité Cambrésis-Europe
C’est essentiellement devant un public de lycéens de Première et Terminale Économique et Sociale que M. Cyril Pouvelle, économiste envoyé par la Banque de France de Paris, et M. Tranoy, professeur agrégé d’histoire – géographie, sont intervenus, en salle de conférence de la Chambre de Commerce et d'Industrie.
Pourquoi le CCE a t-il choisi un tel thème de conférence ?
La monnaie européenne semble être rendue responsable, par une large part de l’opinion publique, de la baisse ressentie du pouvoir d’achat. Cette croyance est-elle fondée ?
Certains hommes politiques semblent rendre l’Euro en partie responsable du caractère excessif du chômage ou de nos difficultés à exporter. Ces reproches sont-ils fondés ?
L'Euro et le pouvoir d'achat :
Les études menées par l’INSEE (Institut national de le Statistique et des Études) démontrent que l’impact réel du passage à l’Euro n’a pas été très important dans l’année qui a suivi la mise en place des pièces et billets en Euros.
L’Euro est rendu à tort responsable du sentiment de baisse du pouvoir d’achat dont les véritables raisons sont notamment :
- une envolé du prix de l’énergie depuis 2001
(les tension au moyen-orient, et l’augmentation de la demande énergétique mondiale avec le développement asiatique font grimper le prix du pétrole …) ; et cette envolée n’a pas seulement des conséquences sur le prix des carburants et du chauffage, mais bien sur presque tous les produits pour lesquels on a besoin d’énergie pour la fabrication et le transport ;
- une hausse du prix du logement en France
( manque de logements par rapport à la demande)
- un accroissement du coût de certains produits alimentaires
(lié notamment à l’augmentation du prix de l’énergie, mais aussi à des problèmes climatiques)
- un développement de postes de dépenses récents dans le budget des familles et consommateurs (exemples : téléphonie, informatique, …)
- un ralentissement de la progression des revenus en France (+5,4% en 2001, +3 ,6% en 2002, +2,2% en 2003, …) ; les accords de modération salariales passés au moment du passage aux 35 heures ne sont que l’un des éléments d’explication de ce ralentissement.
Non seulement l’Euro n’est pas le vrai responsable d’une dégradation du pouvoir d’achat, mais au contraire, il nous a protégé et sans l’Euro la situation serait pire. En effet, le pétrole est vendu par les pays producteurs en dollars. Or depuis maintenant trois ans et demi, l’Euro vaut nettement plus que le dollar, ce qui a permis d’atténuer le coût de l’augmentation du pétrole. Sans l’Euro, nous aurions payé notre pétrole environ 20% plus cher depuis presque quatre ans.
L'Euro et l'emploi
Concernant l’accusation de certains « politiques » concernant le chômage ou les exportations, elles sont vite balayées. Il suffit de regarder autour de nous.
L’Autriche et les Pays-Bas ont la même monnaie que nous, l’Euro, et ont aussi un système de protection sociale de bon niveau ; mais ils ont beaucoup moins de chômage que la France : 4,5% seulement. Ce qui prouve bien que l’Euro ne peut pas être responsable du chômage excessif en France.
L’Allemagne a la même monnaie que nous aussi, et exporte plus que la France, et a une « balance commerciale » excédentaire ; c’est bien la preuve que l’Euro n’est pas un obstacle aux exportations.
L’Euro et l’Union Européenne servent trop souvent de « bouc-émissaires » à certains pour des problèmes dont les racines sont surtout françaises.